Fine particulate pollution and asthma exacerbations

Les résultats d’études épidémiologiques sur l’impact de la pollution de l’air extérieur sur les exacerbations d’asthme chez les enfants étant hétérogènes, nos objectifs étaient d’étudier l’association entre les exacerbations d’asthme chez les enfants et l’exposition aux polluants atmosphériques.

Une base de données regroupant 1, 264, 585 visites pédiatriques pendant la période 2010-2015 dans des services d’urgences de 20 hôpitaux de l’APHP a été utilisée. Au total, 47 107 visites ont été classées comme des exacerbations d’asthme. Les concentrations de polluants atmosphériques (NO2, O3, PM10 et PM2,5) ainsi que les données météorologiques, l’évolution de l’infection par le VRS et l’exposition aux pollens ont été collectées toutes les heures ou tous les jours pendant la même période en utilisant des bases de données institutionnelles. Pour évaluer l’association entre la pollution de l’air extérieur et les exacerbations d’asthme, des modèles de régression à effets mixtes de quasi-Poisson ont été réalisés.

Le seul polluant associé de façon indépendante à des consultations pour exacerbations d’asthme dans des services d’urgences était les PM2,5 (p <10-4). L’association entre les exacerbations d’asthme et les PM2,5 n’était pas linéaire, une fonction sigmoïde décrit de façon satisfaisante la relation. Selon le modèle, le nombre de consultations quotidiennes pour exacerbation d’asthme semble augmenter progressivement avec la concentration en PM2,5  jusqu’à un plateau (Emax estimé: + 135%). La concentration en PM2,5 qui donne la moitié de cet effet maximum a été estimée à 13,5 μg / m3.

Nous avons donc montré une association entre les exacerbations d’asthme vues dans des services d’urgences en Ile de France et les polluants atmosphériques à particules fines. Les recommandations pour la qualité de l’air établies par l’OMS (10 μg / m3) sont plus strictes que les normes de qualité de l’air de l’UE pour les PM2.5 (25 μg / m3). L’objectif de l’UE pour les PM2,5 est probablement trop élevé pour réduire de manière significative le nombre de consultations pédiatriques pour exacerbations d’asthme dans des services d’urgences.

Bouazza N, Foissac F, Urien S, Guedj R, Carbajal R, Tréluyer JM, Chappuy H. Fine particulate pollution and asthma exacerbations. Accepté dans Archives of Disease in Childhood.