Une cure courte de cortisone de 5 à 10 jours ne présente généralement pas de risques majeurs pour l’organisme. C’est au-delà de 3 mois que l’on parle de traitement au long cours, avec des effets indésirables qui s’accumulent progressivement. La durée acceptable dépend de la dose prescrite, de la pathologie traitée et de votre état de santé global. Cet article détaille les seuils à connaître, les risques réels et les règles pour arrêter ce traitement sans danger.
| Durée de traitement | Qualification médicale |
|---|---|
| Moins de 10 jours | Cure courte |
| 10 jours à 3 mois | Traitement intermédiaire |
| Plus de 3 mois | Traitement prolongé (corticothérapie au long cours) |
| Prise unique | Bolus ou dose de charge |
| À vie | Traitement substitutif (insuffisance surrénalienne) |
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Quelle est la durée recommandée pour une cure courte
Une cure courte de corticoïdes dure entre 5 et 10 jours. À cette échelle, le corps n’a pas le temps de développer une dépendance hormonale et les glandes surrénales continuent de fonctionner normalement.
Ce type de prescription concerne souvent les crises inflammatoires aiguës : poussée d’asthme, réaction allergique sévère, lombalgie intense ou crise de goutte. La dose est généralement élevée en début de traitement, puis réduite rapidement. Dans ce cadre, l’arrêt sans diminution progressive est possible et courant.
À partir de quand parle-t-on d’un traitement prolongé

Le seuil est fixé à 3 mois de traitement continu. En dessous, les effets sur l’axe hormonal restent réversibles dans la majorité des cas. Au-delà, l’organisme s’adapte : les surrénales réduisent leur propre production de cortisol endogène, ce qui rend l’arrêt brutal dangereux.
On parle parfois de traitement intermédiaire entre 10 jours et 3 mois. Cette période nécessite déjà une attention particulière, notamment si les doses dépassent 10 mg de prednisone par jour (l’équivalent physiologique de la production naturelle).
Quels sont les risques d’une prise sur le long terme
Plusieurs systèmes sont affectés par une corticothérapie prolongée. Les effets varient selon la dose, la durée et le profil du patient.
Les principaux effets indésirables sont les suivants. Sur le plan osseux, une perte de densité minérale osseuse s’installe progressivement, augmentant le risque de fractures, notamment vertébrales. Sur le plan métabolique, une prise de poids, une redistribution des graisses (visage arrondi, bosse de bison) et une élévation de la glycémie sont fréquentes, pouvant favoriser un diabète cortisonique. Sur le plan hormonal, les surrénales s’atrophient et ne produisent plus suffisamment de cortisol de façon autonome.
D’autres effets sont aussi documentés : hypertension artérielle, amincissement de la peau, susceptibilité accrue aux infections, troubles du sommeil et modifications de l’humeur.
Peut-on arrêter la cortisone du jour au lendemain

Non, sauf si la cure a duré moins de 3 semaines à dose modérée. Dans ce cas, les surrénales n’ont pas eu le temps de ralentir leur activité et l’arrêt immédiat est sans risque.
En revanche, après un traitement prolongé, un arrêt brutal expose à une insuffisance surrénalienne aiguë : fatigue extrême, hypotension, nausées, voire choc dans les cas sévères. Le corps ne produit plus assez de cortisol par lui-même et a besoin de temps pour retrouver son autonomie hormonale.
Comment diminuer la cortisone progressivement et en toute sécurité
La décroissance progressive est la règle dès que le traitement dépasse 3 semaines. Le rythme varie selon la durée et la dose initiale.
Une règle courante consiste à réduire de 10 % de la dose toutes les 1 à 2 semaines, en ralentissant encore davantage lorsqu’on approche des doses physiologiques (5 à 7,5 mg de prednisone équivalent par jour). En dessous de ce seuil, la décroissance devient très lente, parfois sur plusieurs mois.
Votre médecin adapte ce calendrier à votre situation. Un dosage sanguin du cortisol matinal peut être réalisé pour vérifier que les surrénales reprennent leur fonction normalement avant l’arrêt complet.
Dans quels cas le médecin prescrit-il de la cortisone au long cours
Certaines maladies chroniques nécessitent une prise continue de corticoïdes, car l’inflammation ou le dysfonctionnement immunitaire ne peut pas être contrôlé autrement.
Les pathologies concernées incluent notamment la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux systémique, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, la maladie de Horton, certaines vascularites, les greffes d’organes (prévention du rejet) et l’insuffisance surrénalienne primitive. Dans ces situations, le rapport bénéfice/risque justifie la poursuite du traitement, accompagnée d’une supplémentation en calcium et vitamine D, d’une surveillance osseuse régulière et d’un suivi glycémique.