Près de 20 millions de Français en prennent chaque année, souvent trop longtemps. La revue Prescrire alerte sur les dangers des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), dont le lien avec le cancer de l’estomac est de plus en plus documenté.
Pourquoi les IPP sont-ils si souvent prescrits ?
Oméprazole, pantoprazole, ésoméprazole… Ces noms vous disent quelque chose ? Normal : les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) figurent parmi les médicaments les plus consommés en France. On les prescrit contre les brûlures d’estomac, reflux acides, ulcères, ou encore en prévention lors de la prise d’anti-inflammatoires. Leur efficacité est réelle… mais leur usage prolongé devient problématique.
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Un traitement qui peut se retourner contre vous
La revue médicale indépendante Prescrire lance l’alerte : une utilisation chronique d’IPP expose à de nombreux effets secondaires graves. Parmi eux :
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Infections digestives (Clostridium difficile, listériose, pneumonies),
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Fractures osseuses,
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Carence en vitamine B12,
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Hyponatrémie (baisse du sodium dans le sang).
Et surtout : un risque accru de cancer de l’estomac. Dès les années 1980, des études sur animaux montraient déjà un lien avec des tumeurs gastriques. Plus récemment, une étude de 2017 sur 350 000 patients a révélé une surmortalité de 25 % chez les utilisateurs prolongés par rapport à ceux traités par antihistaminiques H2. En 2023, deux nouvelles publications suggèrent un risque multiplié par quatre de cancer gastrique après plus de six mois d’utilisation.
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Un effet rebond qui piège les patients
Arrêter les IPP ? Plus facile à dire qu’à faire. Ces traitements provoquent souvent un rebond acide à l’arrêt : les symptômes reviennent brutalement, ce qui pousse les patients… à reprendre leur traitement. Un cercle vicieux bien connu, mais rarement anticipé.
Faut-il arrêter les IPP ?
Non, pas sans avis médical. Mais la prise prolongée ne doit jamais être systématique. L’Assurance Maladie comme la revue Prescrire rappellent que ces traitements ne doivent pas être poursuivis au long cours sans réévaluation régulière.
👉 Si vous prenez des IPP depuis plusieurs mois, parlez-en avec votre médecin. Un sevrage progressif peut être envisagé, parfois accompagné d’un traitement transitoire plus léger.
