Un espoir pour 4 millions de Français
On la croyait indissociable du masque PPC (pression positive continue). L’apnée obstructive du sommeil, qui touche environ 4 millions de personnes en France, pourrait bientôt être prise en charge par voie orale. Une pilule combinant deux molécules – l’atomoxétine et l’aroxybutynine – a permis de réduire de 56 % les interruptions respiratoires nocturnes dans un essai clinique mené sur 646 patients pendant six mois.
L’étude, publiée dans la revue Science, montre que 22 % des participants ont vu leur maladie presque disparaître, avec moins de cinq épisodes par heure. Un résultat qualifié de “prometteur” par le Dr Klar Yaggi, spécialiste du sommeil à l’université Yale :
“On entre enfin dans une médecine du sommeil de précision.”
Un espoir sans masque pour l’apnée du sommeil 🛌✨ 👉 https://t.co/NHt1q9g6In pic.twitter.com/YVUjtD6224
— Les Numériques (@lesnums) June 4, 2025
Comment agit cette pilule révolutionnaire ?
Le traitement, baptisé AD109, agit sur deux leviers simultanés.
D’un côté, l’atomoxétine stimule la noradrénaline, améliorant la tonicité des muscles respiratoires. De l’autre, l’aroxybutynine bloque l’inhibition du muscle de la langue (le génioglosse), souvent responsable des obstructions nocturnes. Résultat : les voies aériennes restent ouvertes, l’oxygénation se stabilise et le sommeil devient plus réparateur.
Contrairement à d’autres traitements récents, comme le tirzépatide (Zepbound) réservé aux patients obèses, AD109 agit indépendamment du poids corporel. Ce qui en fait un candidat plus universel pour les formes modérées à sévères du syndrome d’apnée.
Une révolution… sous surveillance médicale
Peut-on déjà parler de solution miracle ? Pas tout à fait. Plusieurs experts appellent à la prudence. Le Dr Najib Ayas, co-auteur de l’étude, rappelle que les ressentis des patients restent encore à documenter : “Améliorer les chiffres ne garantit pas une meilleure qualité de vie.”
Autre point d’attention : l’atomoxétine est un stimulant, qui peut faire monter la fréquence cardiaque ou la tension artérielle diastolique, souligne la Dr Sigrid Veasey, spécialiste du sommeil.
Une deuxième étude à plus grande échelle, cette fois sur 12 mois, est en cours. Une demande d’autorisation auprès de la FDA est attendue en 2026. Si les résultats se confirment, le médicament pourrait devenir le premier traitement oral contre l’apnée du sommeil, une maladie encore trop souvent sous-diagnostiquée.
L’apnée du sommeil : une maladie silencieuse mais lourde de conséquences
Souvent ignorée ou minimisée, l’apnée du sommeil est un trouble chronique caractérisé par des pauses respiratoires involontaires pendant la nuit. Ces interruptions perturbent le sommeil profond, provoquant fatigue diurne, troubles de la concentration, voire dépression. Elle est aussi associée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension et de diabète de type 2. Dans les formes sévères non traitées, le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’infarctus est significativement plus élevé.
Symptômes les plus fréquents de l’apnée du sommeil :
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Ronflements importants et réguliers
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Réveils fréquents ou impression d’étouffement
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Fatigue persistante au réveil
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Somnolence en journée (au volant, au travail…)
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Maux de tête matinaux
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Troubles de la mémoire et de l’attention
Un diagnostic encore trop rare en France
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) touche principalement les hommes après 40 ans, les personnes en surpoids ou souffrant de ronflements chroniques. Pourtant, 80 % des cas modérés à sévères ne sont pas diagnostiqués, selon l’Assurance Maladie. Une simple polysomnographie ou un enregistrement du sommeil à domicile suffit à poser le diagnostic.