Une vaste cartographie génétique révèle des origines hybrides
Des scientifiques de la Chinese Academy of Sciences, de l’Université de British Columbia et de l’Agricultural Genomics Institute ont examiné plus de 500 génomes, incluant ceux de variétés cultivées et de formes sauvages rares. Ces travaux, publiés dans la revue Cell, montrent que la pomme de terre moderne provient d’un croisement ancien impliquant un ancêtre proche de la tomate.
Zhiyang Zhang, principal auteur, souligne la rareté des échantillons de pommes de terre sauvages : « Les pommes de terre sauvages sont très difficiles à récupérer en échantillon, ce qui fait de ces données la collection la plus complète de données génomiques sur les pommes de terre sauvages jamais analysée ».
De la tomate sans tubercule à notre féculent quotidien
Les chercheurs identifient deux lignées parentales : Solanum etuberosum, une plante andine ressemblant à la pomme de terre mais dépourvue de rhizomes comestibles, et un parent de type tomate. Le génome actuel reflète environ 60 % de l’Etuberosum et 40 % de l’ascendance tomate, signe d’une hybridation unique survenue il y a environ 9 millions d’années.
Sandra Knapp, botaniste au Natural History Museum et coauteure, précise : « Cela indique clairement qu’il s’agit d’une hybridation ancienne plutôt que de divers échanges génétiques ultérieurs ». Ces deux espèces de la famille des Solanacées avaient divergé quelques millions d’années plus tôt avant ce mélange décisif.
Des leçons pour la nutrition et l’agriculture d’aujourd’hui
Quatrième aliment le plus produit au monde avec près de 376 millions de tonnes annuelles, la pomme de terre nourrit des milliards, à raison de 33 kg par personne et par an en moyenne globale. Riche en vitamine C, potassium, vitamine B6 et fibres, elle soutient l’immunité, la digestion et la santé cardiovasculaire, tout en étant pauvre en graisses et sodium.
Comprendre ces racines hybrides guide les programmes de sélection variétale pour des cultures plus résistantes aux maladies et au climat changeant, renforçant ainsi la résilience de notre alimentation quotidienne.
Cette plongée dans le passé génétique de la pomme de terre nous rappelle combien la nature excelle à innover, fournissant des aliments essentiels dont la sauvegarde de la diversité assure un avenir nourri et durable.