Le VIH et le SIDA sont des problématiques sanitaires à la trajectoire pour le moins étonnante. Il s’agit tout d’abord d’une infection apparue extrêmement récemment (à peine une quarantaine d’années), qui fut entourée de tabous et de méconnaissance puis qui a quasiment disparu des radars médiatiques à partir de la fin des années 1990. C’est à tel point que l’on pourrait presque finir par croire que la maladie a disparu ou qu’elle n’existe plus que de façon marginale dans des pays lointains. Ce n’est hélas pas le cas. Le VIH et le SIDA existent et se transmettent encore, y compris en France et en Europe en 2025. Cet article sera l’occasion de rappeler les mesures essentielles de prévention que l’on a eu tendance à oublier, mais aussi l’état d’avancement des recherches qui continuent et qui sont prometteuses.
VIH/SIDA : des chiffres encourageants, mais un risque qui demeure
Parler de chiffres encourageants lorsqu’il est question d’une maladie grave peut sembler étonnant. Pourtant, oui, il est indéniable que les chiffres actuels, une fois analysés avec attention, sont relativement positifs. Voici pourquoi :
Tout d’abord, le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH par an dans le monde a grandement diminué. Celui-ci est passé de plus de 3 millions de nouveaux cas annuels dans les années 90 à 1 million annuel en 2024. Cela représente une diminution de près de 40 % du nombre de nouveaux cas.
Une autre donnée est particulièrement fondamentale, il s’agit de l’importance de dissocier les cas de VIH positifs et ceux de SIDA. Ainsi, le nombre de personnes porteuses du VIH et développant la maladie du SIDA est beaucoup plus faible aujourd’hui. La conséquence immédiate de ce fait est une baisse spectaculaire de la mortalité parmi les personnes infectées (diminution de 70 % depuis 2004).
Cette diminution s’explique du fait d’une meilleure prévention, mais surtout d’un bien meilleur accès aux traitements. Point sur lequel nous allons revenir plus en détail dans le paragraphe suivant.
Dépistage, prévention et traitements : où en est-on ?
Les chiffres globalement encourageant relatifs au VIH s’expliquent par un ensemble de facteurs que nous allons développés :
Dépistage et prévention
Le dépistage et la prévention sont depuis longtemps les piliers de la lutte contre la propagation du VIH (notamment du fait de l’absence de traitement pendant longtemps).
Ainsi, parmi les chiffres les plus parlant concernant cet aspect de la lutte contre le VIH, se trouve le fait que 87 % des personnes infectées connaissent leur statut sérologique. Ceci implique plusieurs choses particulièrement importantes. La première est que les campagnes de dépistage portent leurs fruits. La seconde est que les personnes dépistées peuvent commencer la prise de traitements antirétroviraux qui augmentent significativement leur espérance de vie en bonne santé, mais aussi les rendent moins, voire plus du tout contagieuses en faisant baisser la charge virale. Attention, ce dernier point ne remet pas en cause les conseils de prévention de base comme le port d’un préservatif et le dépistage en cas d’exposition.
La prévention se décline désormais sous plusieurs formes. Parmi elle se distingue notamment la PrEP (Prophylaxie pré-exposition) permettant de limiter drastiquement le risque de contamination avant une exposition potentielle au VIH. Le taux d’efficacité de ce traitement est particulièrement élevé (près de 99 %) sous réserve d’être pris de façon optimale.
L’autre grand changement dans le domaine de la prévention concerne la prophylaxie post-exposition qui concerne cette fois un traitement préventif à prendre après une exposition au VIH (dans les 48 heures, mais le plus tôt étant le mieux). La prise doit se faire pendant les 28 jours suivants, sans interruption. Les taux d’efficacité de cette méthode avoisine les 80 % en cas de prise optimale et dans les délais impartis.
Des traitements efficaces et disponibles
Enfin, même en cas de contamination effective au VIH, il existe désormais des traitements efficaces permettant de maintenir une charge virale faible, de réduire la contagiosité et de vivre normalement sans atteindre le stade SIDA. Ainsi, 95 % des patients sous traitement atteignent une charge virale indétectable dans les 6 mois suivant le début de la prise (en cas d’utilisation optimale et ininterrompue). Pour ces derniers, il est possible de vivre quasiment normalement avec une espérance de vie en bonne santé similaire à celle des personnes non séropositives. En revanche, il est important de préciser que le traitement doit être pris à vie.
La recherche sur le VIH avance
En plus des traitements mentionnés précédemment, la recherche avance à grand pas et les dernières pistes sont particulièrement prometteuses. Ainsi, plusieurs pistes basées sur diverses techniques, comme l’utilisation d’ARN messager par exemple, donnent des résultats encourageants quant à la suppression totale du virus dans l’organisme. Ceci constituerait une première historique. Idem concernant le développement d’un vaccin par l’INSERM qui semble là encore tendre vers la bonne direction.
Conclusion
Pour conclure, nous ne manquerons pas de faire quelques rappels particulièrement importants. Ainsi, si la propagation du VIH est bel et bien en recul dans le monde et la recherche sur la bonne voie, cela ne dispense pas des règles de prévention élémentaires (rapports sexuels protégés et dépistage). Enfin, il convient également de rappeler que les traitements mentionnés dans cet article nécessitent tous une ordonnance émise par un médecin.