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Ce que dit l’annonce du gouvernement sur le déremboursement des cures thermales
Le gouvernement veut ramener de 65 % à 15 % le remboursement des cures thermales par l’Assurance maladie. Une annonce qui a fait réagir la filière, mais dont les contours restent encore incertains. Que faut-il comprendre à ce stade ?
Mercredi 5 novembre, la ministre déléguée Charlotte Parmentier-Lecocq a confirmé au Sénat que le gouvernement propose d’abaisser à 15 % le taux de remboursement des cures thermales par l’Assurance maladie, contre 65 % aujourd’hui. L’objectif, inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, est de réaliser 200 millions d’euros d’économies afin de réduire le déficit de la Sécu, prévu à 17,4 milliards d’euros l’an prochain.
La ministre assure qu’il ne s’agit pas d’un « déremboursement total » : les dépenses non prises en charge pourraient, selon elle, être compensées par les complémentaires santé. À noter que cette mesure s’ajoute à celle déjà annoncée par le gouvernement sur la révision du taux de prise en charge des cures en ALD. Ces initiatives ravivent par ailleurs les préoccupations autour de certaines pratiques de santé, poussant de nombreux Français à se tourner vers les remèdes naturels pour le malaise vagal ou d’autres approches alternatives.
Combien cela pourrait-il coûter aux curistes ?
Si la mesure envisagée par l’exécutif venait à aboutir, et selon le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), les curistes ne seraient plus remboursés qu’à hauteur de 130 € sur une dépense totale moyenne de 680 €, hors hébergement et transport. Face à une telle charge, certains patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques ou de troubles métaboliques comme une anomalie des enzymes, peuvent être tentés d’en savoir plus sur la signification d’un taux élevé ou bas de phosphatases alcalines afin de mieux comprendre leurs bilans de santé.
Comment le gouvernement justifie cette mesure ?
Le gouvernement justifie cette mesure par la volonté de recentrer la couverture de l’Assurance maladie « sur les soins les plus efficients ». En avril dernier, la Cour des comptes recommandait déjà de « remettre en cause » la prise en charge des cures thermales, estimant que leur service médical rendu n’était pas démontré par la Haute Autorité de Santé (HAS). Dans ce contexte, les professionnels de santé incitent souvent les patients à renforcer leur prévention, notamment à travers des méthodes naturelles pour booster le système immunitaire en hiver.
Quelle est la réponse des professionnels du secteur ?
La filière dénonce « un mauvais calcul » du gouvernement. Pour Thierry Dubois, président du CNETh, cette baisse de remboursement mettrait en péril une médecine prescrite et reconnue, en limitant l’accès aux soins pour les patients chroniques. Les professionnels redoutent une chute de fréquentation et des milliers d’emplois supprimés, avec un impact majeur sur les stations thermales souvent implantées en zones rurales. Le CNETh rappelle que le thermalisme ne représente que 0,1 % des dépenses de santé, pour des retombées économiques estimées à 4,8 milliards d’euros.
Plusieurs parlementaires se sont également fait entendre: le député Denis Fégné a déposé un amendement visant à revenir sur cette mesure et le sénateur Jean-Marc Bloyer a interpellé le gouvernement dans l’hémicycle sur ses multiples conséquences.
Que va-t-il se passer maintenant ?
- Si l’annonce est désormais publique, son devenir dépend encore du calendrier parlementaire et des positions officielles attendues.
- La mesure n’a pas encore été votée ; elle sera examinée dans les prochains jours au Parlement, dans le cadre du débat sur le PLFSS 2026.
- Quatre amendements relatifs au thermalisme sont sur la table : trois favorables au maintien du taux de 65 % de prise en charge, un défavorable.
- Des actions des professionnels du secteur et des parlementaires sont en cours pour défendre le système actuel.
- La rédaction de l’Officiel du Thermalisme a sollicité la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) et la Direction Générale de la Santé (DGS) pour obtenir des précisions sur le calendrier et la position du gouvernement.
L’Officiel du Thermalisme suit le dossier de près et publiera les réponses officielles dès qu’elles seront communiquées par les services du ministère de la Santé.
À RETENIR
Rien n’est encore acté. La mesure est bien sur la table, mais elle devra être confirmée politiquement et précisée juridiquement. L’enjeu n’est donc pas immédiat : il s’agit, pour l’instant, d’une proposition budgétaire en débat, non d’une décision applicable.
« Un coup d’autant plus controversé que l’efficacité des cures thermales fait débat. Un argument rejeté par le directeur d’un établissement thermal. » – Eric Chavane, directeur du bain thermal de Luxeuil-les-Bains
Sources :
- Entretien avec le cabinet du député Denis Fégné, Président du groupe Thermalisme à l’Assemblée nationale, le 7 novembre 2025
- Consultation du dossier de presse du PLFSS
- Contacts avec la DSS et la DGS
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