Des verres rarement nettoyés, voire jamais
C’est une ancienne employée d’hôtel, devenue influenceuse sur TikTok, qui a récemment lancé l’alerte : les verres posés dans les chambres ne sont que rarement lavés entre deux clients. Si un verre paraît propre à l’œil nu, il sera simplement remis en place — parfois rincé à l’eau tiède, dans le meilleur des cas.
@janessarichard Reply to @stephaniewillhoit ♬ Astronaut In The Ocean – Masked Wolf
Depuis l’interdiction des plastiques à usage unique par la loi AGEC en janvier 2025, les petits sachets protecteurs en plastique ont disparu, rendant impossible pour les équipes de nettoyage de savoir si un verre a été utilisé. Le résultat est sans appel : des verres soi-disant « propres » se révèlent parfois être les vecteurs d’une contamination invisible… mais bien réelle.
80 % des surfaces contaminées par des bactéries fécales
Dans une étude publiée dans le Journal of Environmental Health, des chercheurs de l’université de Houston ont analysé la présence de micro-organismes sur plusieurs objets de chambres d’hôtel. Le résultat est alarmant : 81 % des objets testés présentaient des traces de bactéries fécales.
Les objets les plus contaminés ne sont pas ceux que l’on soupçonne : télécommandes, interrupteurs, poignées de porte, mais surtout les verres, le sol de la douche, la cuvette des toilettes, ou encore les éponges et serpillières utilisées pour le ménage. Le transfert croisé des bactéries, depuis la salle de bain jusqu’au lit ou au bureau, est ainsi quasiment systématique.
Des risques sanitaires sous-estimés
Ces bactéries sont loin d’être anodines. Certaines souches retrouvées sur les objets analysés appartiennent à la flore fécale humaine, ce qui suppose une contamination par voie oro-fécale. Elles peuvent être vectrices de pathogènes tels que Escherichia coli, Clostridium difficile ou encore des norovirus responsables de gastro-entérites.
Chez les personnes immunodéprimées, les enfants ou les femmes enceintes, ce type d’exposition peut représenter un véritable risque. D’autant que l’absence de protocole standardisé de désinfection dans la majorité des hôtels, même haut de gamme, laisse le champ libre à ces contaminations.
Quels gestes adopter pour vous protéger ?
Face à cette réalité, quelques gestes simples peuvent limiter les risques :
- Se laver les mains dès l’arrivée dans la chambre et après avoir touché les zones communes.
- Éviter d’utiliser les verres fournis ou les laver soigneusement avant usage.
- Apporter des lingettes ou sprays désinfectants pour nettoyer télécommande, interrupteurs, poignées, etc.
- Utiliser une gourde ou des gobelets jetables en carton pour boire dans la chambre.
L’hôtel, un espace à reconsidérer
Si l’image d’une chambre d’hôtel impeccable reste bien ancrée, les données scientifiques incitent à plus de vigilance. L’hôtellerie n’est pas soumise à des normes d’hygiène aussi strictes que les établissements de santé ou de restauration. Les contrôles sont rares, et l’évaluation de la propreté repose souvent uniquement sur une inspection visuelle.
Pour les voyageurs réguliers comme occasionnels, la meilleure protection reste donc la prévention personnelle. Parce qu’un simple verre oublié peut cacher bien plus qu’il n’y paraît.