Obésité : Ce médicament prescrit à l’étranger depuis des mois, enfin accessible en France via votre généraliste

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Obésité : Ce médicament prescrit à l’étranger depuis des mois, enfin accessible en France via votre généraliste

C’est une petite révolution dans le monde médical français : les généralistes vont bientôt pouvoir prescrire deux traitements jusqu’ici réservés aux spécialistes. Et pas n’importe lesquels : le Wegovy et le Mounjaro, des médicaments aux effets spectaculaires sur la perte de poids, déjà largement utilisés aux États-Unis.

De quoi parle-t-on exactement ?

Le Wegovy (laboratoire Novo Nordisk) et le Mounjaro (Eli Lilly) sont deux analogues du GLP-1, administrés par injection hebdomadaire, qui agissent sur la satiété et la glycémie. En clair, ils réduisent l’appétit, prolongent la sensation de satiété et régulent le métabolisme des glucides. Leur efficacité ? Selon la HAS, jusqu’à 17 % de perte de poids en quelques mois, chez des personnes souffrant d’obésité sévère.

Jusqu’à présent, seuls les endocrinologues, diabétologues ou nutritionnistes étaient autorisés à les prescrire, en raison des risques de détournement pour des usages purement esthétiques. Mais face à l’ampleur de l’obésité en France – près d’un Français sur deux en surpoids ou obèse – la donne change.

Une prescription désormais élargie chez les généralistes

Sous l’impulsion des ministres Catherine Vautrin et Yannick Neuder, l’ANSM a confirmé son intention de permettre aux médecins généralistes de prescrire ces traitements. Un tournant attendu depuis des mois par les patients comme par les praticiens de terrain.

Attention toutefois : la prescription restera encadrée. Elle ne concernera que les personnes ayant un IMC ≥ 30, ou ≥ 27 avec comorbidité (diabète, hypertension…). Et uniquement après l’échec d’un suivi nutritionnel classique. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’une pilule miracle à distribuer à tout-va.

Un coût non négligeable… mais un marché énorme

Le traitement coûte entre 9 et 12 euros par jour, soit environ 300 euros par mois, et n’est pour l’instant pas remboursé par la Sécurité sociale. Mais la demande est déjà forte. Sur les réseaux sociaux, certains médicaments de la même famille, comme l’Ozempic, font l’objet d’un trafic parallèle, notamment sur Leboncoin et TikTok.

L’arrivée du Wegovy et du Mounjaro chez les généralistes pourrait donc mieux encadrer leur usage, tout en répondant à une attente massive des patients souffrant d’obésité ou de diabète de type 2.

Des résultats spectaculaires… mais pas sans effets secondaires

Comme tout traitement puissant, ces médicaments ne sont pas sans risques. Nausées, vomissements, troubles digestifs sont régulièrement rapportés. Et leur principe actif, le sémaglutide ou le tirzépatide, reste sous surveillance étroite. Pour autant, l’ANSM affirme qu’aucun signal de pharmacovigilance grave n’a été relevé à ce jour.

Qu’est-ce que le Wegovy ?

Le Wegovy est un médicament injectable à base de sémaglutide, développé par le laboratoire danois Novo Nordisk. Il s’agit d’un analogue du GLP-1, une hormone intestinale qui régule la sensation de satiété. Initialement utilisé pour traiter le diabète sous le nom d’Ozempic (mais à des doses moindres), le Wegovy a montré une efficacité notable dans la réduction du poids corporel, avec jusqu’à 17 % de perte de poids en quelques mois. Il est administré une fois par semaine par injection sous-cutanée dans l’abdomen.

Qu’est-ce que le Mounjaro ?

Le Mounjaro, lui, repose sur une molécule plus récente : le tirzépatide, développée par Eli Lilly. Ce médicament cible non seulement les récepteurs du GLP-1 mais aussi ceux du GIP (une autre hormone liée à la digestion), ce qui explique des résultats encore plus marqués sur la perte de poids. Des études évoquent une perte pouvant aller jusqu’à 22 % du poids corporel. Comme le Wegovy, il se présente sous forme d’injection hebdomadaire, et il est indiqué dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité sévère.

Quelles différences entre Wegovy et Mounjaro ?

La principale différence réside dans leur composition : le Wegovy agit uniquement sur le GLP-1, tandis que le Mounjaro combine GLP-1 et GIP, offrant une double action sur la régulation de la satiété et du métabolisme. En pratique, le Mounjaro semble générer des pertes de poids plus importantes, mais aussi plus d’effets secondaires (notamment des troubles gastro-intestinaux). Leur prix est similaire, et tous deux nécessitent un accompagnement médical strict.

Tableau comparatif des principaux médicaments contre l’obésité

Médicament Substance active Mode d’action Perte de poids moyenne Fréquence Remboursé ? Effets secondaires fréquents
Wegovy Sémaglutide GLP-1 ≈ 17 % 1x/sem. Non Nausées, vomissements, diarrhées
Mounjaro Tirzépatide GLP-1 + GIP ≈ 20–22 % 1x/sem. Non Nausées, fatigue, douleurs abdominales
Saxenda Liraglutide GLP-1 (quotidien) ≈ 8–10 % 1x/jour Partiel Mêmes effets que Wegovy
Alli/Xenical Orlistat Blocage des graisses alimentaires ≈ 3–5 % 3x/jour Oui Troubles digestifs, gaz, diarrhée

Quelles autres solutions pour en finir avec l’obésité ?

Les traitements médicamenteux ne remplacent ni une alimentation équilibrée, ni une activité physique régulière. Pour les personnes qui ne répondent pas aux approches classiques, d’autres options existent : thérapies comportementales, suivi psychologique, chirurgie bariatrique (sleeve, bypass), ou encore programmes nutritionnels encadrés par des diététiciens. La clé reste l’accompagnement pluridisciplinaire : aucun médicament ne peut, seul, éradiquer les causes profondes de l’obésité.

Vers une transformation du système de soins

La décision de rendre ces médicaments accessibles en médecine de ville pourrait profondément changer la prise en charge de l’obésité en France. C’est aussi une manière de rattraper le retard pris sur des pays comme les États-Unis, où ces traitements sont déjà largement prescrits.

Mais elle soulève aussi une question plus large : quelles seront les conséquences économiques et sociales si ces traitements sont massivement adoptés ? Le prix, non remboursé pour l’instant, pourrait rester un frein pour les patients les plus précaires, alors même qu’ils sont parmi les plus touchés.

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